Le blog de Christine Ontivero

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Quelle est la différence entre information et communication ?

Un des mes consoeurs me disait, voici quelques mois que, dans quelques années, nous ne serions plus que des intermédiaires pour du publi-rédactionnel. J'espère ne jamais connaître cette période car j'ai choisi le métier d'attachée de presse, parce que je respecte la liberté de la presse. Je n'ai pas choisi d'être une intermédiaire entre un vigneron qui serait prêt à acheter de l'espace publicitaire et un magazine dont l'interlocuteur se prétendant journaliste lui garantirait d'écrire du bien sur ses produits ou son entreprise moyennant achat d'espace. Que la presse vive de la pub, ce n'est un secret pour personne mais que l'on mélange tout, c'est très inquiétant. Voir ci-dessous échange de mails avec le directeur de la publication (à mon avis il ne sait pas ce qu'est vraiment un directeur de la publication) d'un site internet. Par courtoisie et, comme toujours, vu qu'il ne s'agit pas de faire de la délation, je ne donne ni son nom, ni le nom de son site.

 

 

 

Demande
Je suis XX, directeur de la publication de XX. Aujourd'hui, nous recherchons des sources de financement et réfléchissons à l'ouverture de notre espace à la communication des domaines. Se peut-il que nous en parlions afin d'échanger sur ce point précis ?

Ma réponse

Si votre demande consiste à avoir mon avis sur une négociation commerciale avec un ou plusieurs de mes clients, je suis désolée de devoir vous dire que je n’interviens pas dans ce domaine. Je me le suis toujours interdit ayant une conception de mon métier qui, malheureusement, a tendance à disparaître. Mais... Je suis de la vieille école. Je suis attachée de presse. Donc, ma mission est d’informer les journalistes sur l’actualité de mes clients pas de négocier des espaces publicitaires dans tel ou tel support.
Je comprends, bien entendu, que tout organe de presse, qu’il soit papier ou électronique a besoin de moyens pour vivre et il est tout à fait normal que ces organes tentent de décrocher des budgets publicitaires. Mais cela ne doit en aucun cas être le fait d’une équipe rédactionnelle, mais d’un courtier en publicité et une ou un attachée de presse ne doit pas non plus servir d’intermédiaire pour ce faire.
Je n’ignore pas que des gens qui font mon métier n’ont pas ce code de déontologie. Je ne peux que le déplorer comme je pourrais déplorer la collusion, la confusion des genres dans bien des domaines. La liste est longue.

Je suis une résistante, une de celles qui pensent – de plus en plus rares  – qu’il ne faut pas
mélanger les genres.

Donc, si telle était votre demande, je ne pourrai vous être d’aucun secours.

 

Sa réponse


Vous avez sans doute remarqué aussi que XX était une sorte de dinosaure qui résiste aux sirènes de la dépendance. Donc, de ce point de vue, sachez que je comprends tout à fait votre position, même si je suis étonné que votre réponse ne soit pas plus adaptée à votre interlocuteur.

Nous sommes juste en train de réfléchir à une façon de donner la parole aux domaines sur notre site, aujourd'hui très connu dans le monde du vin, et donc, il y a un intérêt pour vos clients à communiquer sur notre site, assimilé à un média, même s'il n'est pas presse écrite.

J'imagine très bien que les courriels que vous m'envoyez régulièrement trouveraient leur place sur notre site dans un espace bien défini et qu'ils auraient ainsi une audience et une diffusion bien plus large qu'ils ne l'ont aujourd'hui. Rien de plus, mais rien de moins non plus.

Vous n'avez pas, chère madame, le monopole de l'éthique. 



La mienne

En quoi ma réponse n’est pas adaptée à mon interlocuteur ? N’avez-vous pas écrit cela ?
“ Aujourd'hui, XX cherche des sources de financement et réfléchit à l'ouverture de son espace à la communication des domaines”.

Qu’entendez-vous par intérêt à communiquer ? J’envoie mes informations presse à tous les organes de presse écrite ou internet susceptibles de relayer l’information, dont vous.  Libre à vous de les relayer ou pas. Je ne comprends pas bien où vous voulez en venir. C’est peut-être ce qui explique une réponse que vous jugez inadaptée ?

Précisez votre pensée par cet espace bien défini. Ce sont les supports auxquels je m’adresse qui déterminent l’espace qu’ils souhaitent donner à mon information et non moi qui leur dit “tu dois faire ceci ou cela”. On peut se permettre cela quand on joue au jeu du “je te prends de la pub mais tu parles de moi, mais pas quand on se contente d’informer, non ?” Je ne me suis jamais autorisée de demander à quelque organe de presse que ce soit de placer mon information de telle ou telle manière, justement parce que, pour moi, la presse doit être indépendante.

Je n’ai pas cette prétention en revanche je m’entends répondre dans 90 % des cas, quand j’explique ce que je ne touche pas aux négociations commerciales : “les autres le font”. C’est aussi stupide que si je disais à mon fils : mets toi un anneau dans le nez, les autres le font !


Je vous invite donc à préciser votre demande puisque, vraisemblablement, il ne s’agit pas de négociation commerciale

 

 

 

Sa réponse

Vous communiquez pour des domaines. Ces domaines vous rétribuent pour cela. J'imagine aussi que plus vous communiquez largement pour ces domaines et plus leur écho a du retentissement, plus vous jugez avoir mieux fait votre travail et plus vos clients sont contents de votre prestation.

Ce que XX peut éventuellement vous proposer, c'est de faire cette publication directement sur le forum sur un espace clairement défini et qu'il vous appartient de gérer. Mais sans doute le domaine en question peut le faire lui-même directement. Ma démarche vers vous a un objectif de simplification par le fait que vous regroupez plusieurs références. Et bien entendu, cet espace aurait un coût : car cela s'appelle de la publicité, plus informative que réellement commerciale, mais publicité quand même.

La limite très fragile entre communication et publicité est parfois floue parce qu'elle est tabou.
Je m'aperçois que finalement, dans mes commentaires élogieux sur certains vins, je fais de la publicité et que le principal bénéficiaire, en dehors de moi si j'ai pris du plaisir à déguster un vin, c'est le domaine qui trouve là une définition gracieuse de son vin sans d'ailleurs qu'il en ait formulé la demande.

Le concept que je vous présente est différent, parce que dans ce cas, c'est une démarche volontaire du producteur ou le cas échéant de vous qui vous occupez de sa communication.

A partir d'un exemple concret : tel domaine envisage d'organiser des "portes ouvertes". Il diffuse cette information par différents canaux et notamment par le vôtre. Il peut, ou vous pouvez passez ce relais sur XXX de façon contractuelle. C'est ainsi tout le public cible qui est informé directement. La question est de savoir si cette démarche émane du domaine directement ou de vous. Sur le terme, si le domaine contractualise directement avec nous, il risque de ne plus, ou de moins passer par vous.



Ma dernière réponse


C’est donc bien ce que j’avais compris. Je ne touche pas à ce domaine

Absolument pas d’accord avec vous. Toutes les écoles de communication enseignent bien la différence. Ce flou est de plus en plus présent parce que trop de gens mélangent les genres. Le propos d’un journaliste doit rester indépendant. Cela s’appelle de l’information !

Ne vous faites aucun souci pour moi. Mes clients savent bien quel est mon métier.

Patrick vient de nous quitter. Un homme d’une grande générosité quand il recevait chez lui, dans sa Lozère natale, loin, si loin de tout que nos visites s’y faisaient rares.

Des repas pantagruéliques et une cave inouïe. Toutes les bonnes bouteilles y étaient. Il n’en manquait pas une. Quand sonnait l’heure de l’apéritif, il nous invitait à descendre dans cette

véritable taverne d’Aliba et, posés sur une table, jambon, saucisson, caillettes, pâtés… nous attendaient. Quant à la table, il fallait renoncer à faire un repas en 1 h. Chez Patrick, on pouvait rester à table jusqu’à 4 h. Quand on pensait avoir fini, un nouveau plat nous était servi.

Patrick n’acceptait pas que ses amis payent. C’est peut-être pour ça aussi que nous hésitions à lui rendre visite plus souvent.
Je me souviens un jour lui avoir dit que certains devaient en profiter. Sa réponse restera à jamais gravée dans ma mémoire «  tant pis pour eux ».

Patrick aimait la vie. Il la croquait à pleines dents. C’était un ami, un vrai, une belle personne, d’une humanité rare et d’une générosité hors normes.

Indignez vous que Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière soient toujours retenus en Afghanistan

Indignez vous que des membres du gouvernement aient pu dire, au tout début de leur

captivité, qu’ils avaient pris des risques

Indignez vous que ces gens sensés être responsables aient pu tenir des propos

aussi irresponsables

Indignez vous que la classe politique puisse se servir de la presse quand ça l’arrange et

la salir quand ça la dérange

Indignez vous de la collusion de plus en plus flagrante entre commercial et journalisme

Indignez vous de la disparition des grands patrons de presse

Indignez vous du peu de moyens que l’on donne aux journalistes pour faire un vrai travail d’enquête

Indignez vous que la liberté de la presse soit bafouée dans un trop grand nombre de pays

Indignez vous que des journalistes soient en prison parce qu’ils ont voulu nous informer

Indignez vous avant qu’il ne soit trop tard

Ne pensez-vous pas comme moi qu'il y a de quoi s'inquiéter de constater qu'une soit-disant journaliste écrive autant de bêtises... Et, en plus, toujours par charité chrétienne, je ne

donne pas son nom mais elle sévit sur une grande chaîne de TV publique. Et comme il y a de moins en moins de gens qui lisent et de plus en plus qui restent collés devant leur écran, on a du souci à se faire !

C’est toujours délicat de faire remarquer à un journaliste qu’il est mal informé, mais la lecture de votre article ci-joint intitulé “Vin et Santé, la fin du mythe” ne peut pas rester sans réponse de ma part.
Je suis attachée de presse, spécialisée dans le vin depuis 29 ans, et je pense donc bien connaître le sujet ce qui, si vous le permettez, ne semble pas être votre cas.

Vous écrivez :”aujourd’hui, il est difficile de trouver un vin de table au-dessous de 12°. Et les appellations sont de plus en plus nombreuses à proposer des 13, 14, voire 15° comme les vins du Languedoc”. Jusque là tout va à peu près bien. Mais ... vous dérapez dangereusement dans ce qui suit : “L’explication ? Pour des raisons économiques, on a considérablement raccourci la durée de macération des raisins “ Où avez vous trouvé cette information fausse et archi fausse ?
“avec, à la clé, une moins bonne qualité”
Depuis combien de temps n’avez-vous pas dégusté de vins du Languedoc ?  
 Le pire et le plus grave qui mérite un rectificatif  de votre part  est cette dernière phrase :
auquel on doit ajouter des produits chimiques et du sucre de betterave (qui élève le taux d’alcool) pour le stabiliser et lui permettre de se défendre contre les bactéries, entre autres”.
Vous êtes journaliste n’est-ce pas ? Donc, normalement, vous devriez vérifier vos informations ou alors, je n’ai rien compris au métier.
Si vous aviez vérifié, vous auriez pu apprendre que le Languedoc-Roussillon est l’une des rares régions qui n’a pas le droit “d’ajouter du sucre” comme vous dites, ce qui, en langage professionnel, s’appelle la chaptalisation, autorisée dans bien d’autres régions comme Bordeaux, Bourgogne, etc...

Tout le monde a droit à l’erreur mais quand les erreurs sont aussi graves, on ne peut pas laisser passer.

Concernant le cancer, on lit et on entend bien des choses contradictoires. Je peux en tout cas vous apporter mon témoignage personnel. Il vaut ce qu’il vaut mais il est authentique.
Mon mari, journaliste spécialisé en vins, a dû être opéré, voici un an et demi d’un double cancer : prostate + vessie. L’intervention s’est déroulée à Montpellier où les hôpitaux sont très réputés pour leur connaissance de cette maladie. A force de lire et d’entendre tout et n’importe quoi, vu que mon mari boit en moyenne 3 verres de vin par repas, j’ai fini par me persuader que le vin était peut-être l’une des causes de sa maladie. Sans le lui dire, j’ai appelé le chirurgien en lui demandant s’il ne se mettait pas en danger en buvant “autant” de vin. La réponse a été très claire : “Mais madame, ça n’est pas beaucoup”. Le jour où il a quitté l’hôpital, il a lui-même demandé  au professeur responsable du service urologie, un ponte en la matière : “Est-ce que je peux
continuer à boire du vin ?”.
Ce dernier lui a répondu “j’y compte bien”.
Les chirurgiens qui opèrent des cancers tous les jours seraient-ils irresponsables ?

Ca fait mal de lire des informations aussi fausses concernant le Languedoc, région où il y a quantité de bons vignerons. Vraiment, ils ne méritent pas ça !

Si j'ai le plaisir d'exercer le beau et difficile métier d'attachée de presse, ce n'est pas à la suite d'études dans une école pompeuse où on apprend tout, sauf le bon sens.

Je suis arrivée dans la profession grâce à deux hommes aujourd'hui disparus. On vient de m'informer du décès du deuxième et, spontanément, j'ai eu envie de leur rendre hommage, sans oublier le premier. Parce qu'ils m'ont donné ma chance, parce qu'ils ont cru en moi, non diplômée de l'EFAP, de SUP de CO, ou d'HEC, parce que sans eux ma vie aurait été probablement différente, je voulais leur exprimer toute ma reconnaissance.

J'ai 26 ans lorsque Robert Michel,  directeur du Comité Interprofessionnel des Vins Doux Naturels me recrute, en avril 1981, au poste de chargée des relations publiques. Je ne connaissais rien au vin ni à ce métier de relations publiques/relations presse. J'étais "simple" secrétaire de direction dans une société de construction de pavillons individuels. J'avais répondu à une annonce pour un poste de secrétariat, pas de chargée de communication. Robert Michel était un homme introverti, peu à l'aise en public, mais non dénué d'humour pour qui savait le mettre en confiance. Il m'avait choisie parce qu'il avait décelé, lors de l'entretien d'embauche, un goût pour les relations humaines et surtout parce qu'il voulait recruter une collaboratrice qui ne serait pas la fille de..., comme l'était celle que je devais remplacer. Oui, en France, ce n'est un secret pour personne, certains élus ne se privent pas d'imposer leur fille, belle fille, nièce quand ce n'est pas leur maîtresse ou épouse... Suivez mon regard !  C'est aussi très répandu dans le monde du vin. Ayant eu à subir le caractère impossible et la prétention de celle qui m'avait précédée, il m'avait recrutée "en catimini". Pendant un an, j’ai beaucoup souffert du mépris que me témoignaient les différents présidents. Il a fallu les encouragements de mon père pour que je ne renonce pas.

Et puis, au bout d'un an, humiliation suprême, ces mêmes présidents décident de recruter un spécialiste de la communication, diplômé d'HEC, puisque, avec mon simple baccalauréat je n'étais forcément pas à la hauteur. Ils ne cherchaient même pas à savoir si j'avais les capacités ou pas. C'étaient, pour la plupart, des vignerons ou des négociants, probablement eux aussi sans diplômes mais, déjà, c'était le parchemin qui faisait autorité, pas les compétences.

Je m'étais mise en quête d'un autre job car j'avais la hantise d'être laminée par cette nouvelle recrue, comme je l'avais été, pendant 4 mois, le temps de son préavis, par la personne que j'ai remplacée. Tout ce que je faisais était nul, je n’arriverais à rien, je n’avais pas l'étoffe, etc.. Ces appréciations négatives étaient mon quotidien. Rien de tel pour vous faire perdre pied. J’étais au bord de la dépression. Et il est vrai que dans ce genre de situation, on se sent tellement inutile qu'on a envie de disparaître. Par la suite, j’ai su qu'elle "me faisait payer" sa démission forcée car le directeur ne supportait plus d'être traité de con et de minable par cette belle-fille de..., forcément meilleure que nous tous.

Le responsable marketing et communication tant désiré, débauché du CIVB Bordeaux, arriva en 1982. Stature imposante - 1 m 99 - longiligne, il n'en finissait pas de se déplier quand il quittait sa chaise. On lui avait présenté "celle qui ne servait pas à grand chose" comme une assistante, à sa disposition, et surtout à ses ordres. Il n'en a rien fait et na pas manqué, dans les mois qui ont suivi, de me confier le peu de considération que ces Messieurs avaient à mon égard, pour ne pas dire le mépris. Peu de temps après son arrivée, il me suggère de demander à tous les vignerons et négociants, un exemplaire des différentes étiquettes de Rivesaltes, Muscat de Rivesaltes, Banyuls et Maury qui habillaient leurs bouteilles afin de pouvoir faire une étude sur ce sujet. J'avais pris l'initiative de réunir cette collection bien avant son arrivée et je la lui montrai donc aussitôt. Je n'oublierai jamais son regard, son rire et cette phrase qui m'a tant redonnée confiance : "eh bien, à quoi je sers maintenant ?". Quelque jours plus tard, il me demande si j'accepte de représenter le CIVDN dans une réception car cela l'ennuyait. J'étais personnellement très à l'aise dans ce genre de circonstance. "Nous sommes donc faits pour nous entendre" avait-il répondu. S'en sont suivies 15 années de travail à ses côtés au cours desquelles j'ai pu apprécier ses qualités humaines, son très grand professionnalisme, aussi grand que sa stature, et son humour, car lui aussi n'en était pas dénué. J'ai beaucoup appris à ses côtés. En 1997, j'ai choisi de créer ma propre agence. Il n'avait pas été très agréable au moment de mon départ, probablement se sentant "lâché". J'en avais été très affectée. Puis, nous nous sommes retrouvés voici 5 ans, partageant une à deux fois l'an des repas avec nos conjoints respectifs.

Il s'est éteint dans la nuit du 31 juillet au 1er août, à son domicile, dans son sommeil, emporté par le cancer, comme Robert Michel quelques années plus tôt.

Il s'appelait Johannès Van Leeuwen. Hans pour les intimes.

Hans, au moment où j'écris ces lignes, je ne peux contenir mon émotion. Sans la confiance que tu m'as témoignée, je ne serais pas ce que je suis aujourd'hui. Merci. Tu étais un très grand Monsieur, dans tous les sens du terme !




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