Le blog de Christine Ontivero

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Quel coup de vieux !

Aujourd’hui Victor a 21 ans. Repas de famille au restaurant, Michel, Victor et moi. Et là, je comprends que j’ai pris un sacré coup de vieux. Non que je ne tienne plus la distance côté boisson et bonne chère – sur ce plan, il ne faut pas m’en conter – mais, durant ce repas que j’imaginais, calme, serein, Victor a passé la moitié de son temps au téléphone. Bien sûr, il a coupé la sonnerie, s’il ne l’avait pas fait, il prenait la porte mais… C’était le moment d’organiser la soirée. Moi qui planifie, souvent sur le long terme, j’ai assisté à une organisation minute : le zapping. Et là, j’ai compris que j’avais pris un sacré coup de vieux. Je m’imaginais encore jeune dans ma tête - et je m’imagine encore  - mais j’ai pris conscience à quel point le portable avait ôté à nos enfants la capacité de se structurer, de planifier, d’organiser. C’est l’ère du « téou, chuiladans5minutes ». 8 coups de fil, je n’exagère pas en 1 h 30 de repas. J’appelle, tu m’appelles « ouais je suis au resto avec mes parents », « super, le bus démarre à quelle heure ? » « on va s’éclater » « la méga teuf ». Alors, l’avenir, le plan de carrière, la retraite, autant dire que « céloindemépréoccupations ».

Je me souviens de ma mère qui me disait, lorsqu’à 20 ans je ne pensais qu’à faire la fête et que j’étais étudiante en droit « tufédudroitmétupardetravers ». Je lui riais au nez. Je me souviens qu’elle ne comprenait pas comment je  pouvais m’enfermer dans un jean dont je remontais le zip allongée sur le lit pour être sûre qu’il moule le bien le corps de rêve que j’avais à l’époque.

Avec Victor j’ai vécu l’époque gothique.

Les générations se suivent mais finalement se ressemblent.

Nous sommes tous, à un moment, largués, bien largués !
Et si j’organisais mes repas de presse à la dernière minute. « téoula ? » « onseféunemégaboufobistrodukoin, jéunpotvigneronateprésenter ? »

Toujours avec l'idée de vous faire partager le quotidien d'un(e) attaché(e) de presse, que pensez-vous de ce témoignage ?

Au mois d'octobre, j'organise un déjeuner de presse en Belgique. L'un des journalistes invités se pointe, le jour J, avec
bobonne sans même m'avoir prévenue et me dit tout de go ! "je suis avec ma femme, si elle ne peut pas rester, je m'en vais !"
Dans ce cas, on a envie de répndre : eh bien pars puisque tu n'as même pas eu la délicatesse de me prévenir ! " Mais, parfois, je suis tellement prise de court, tellement abasourdie devant tant de muflerie que je suis désarmée ! Donc, je baisse les bras et, une fois de plus, j'avale la couleuvre. Et là, ça frise l'indigestion !

Heureusement il y en a beaucoup plus qui savent dire merci, qui ne désistent pas à la dernière minute, qui ne se pointent pas accompagnés sans avoir prévenu... Ils ont polis, tout simplement.

Ce n'est pas parce que vous êtes journaliste que tout vous est dû.
Ce n'est pas parce que vous êtes journaliste qu'il faut vous autoriser à être impolis.

Ce n'est pas parce que vous êtes journaliste qu'on va se mettre à plat ventre devant

vous.

Stop ! Un minimum de respect. Vous avez autant besoin de nous que nous avons besoin de vous. Alors cessez de nous piétiner.

Voici la lettre que j'adresse à un journaliste qui écrit pour un titre important mais qui se conduit comme un gougnafier. J'ai avalé ma dernière couleuvre jeudi 25 mars. Mon cou est trop petit, elle ne passe pas.

Je ne donne, bien entendu, pas le nom du journaliste et pourtant, il mériterait qu'on le montre du doigt.

 

 

 

 

Bonjour,


Je n’ai pas eu le plaisir de vous accueillir au restaurant XX, comme convenu, jeudi 25 mars pour vous présenter mon client XX. J’en ai été d’autant plus étonnée que j’avais pris soin de vous rappeler sur votre portable la veille afin de m’assurer que vous n’aviez pas oublié ce rendez-vous.

Vous avez eu la délicatesse (c’est un moindre mal) de prévenir en laissant un message à mon bureau à 12 h 50 ainsi qu’au restaurant pour dire que vous étiez en bouclage. Permettez-moi de vous faire part de ma stupéfaction car je suppose que le bouclage pour votre rubrique a lieu toutes les semaines, le même jour ! J’ai du mal à m’expliquer que vous n’ayez pas pensé à cet impératif lorsque je vous ai rappelé notre rendez-vous. Si vous m’aviez dit la veille, je ne pourrai pas venir pour cause de bouclage, j’aurais encore pu annuler votre repas mais… A dix minutes du début du service, tout repas commandé doit être payé.

Je comprends que l’on puisse oublier la journée de bouclage - les sollicitations sont si nombreuses ! - sauf qu’il est assez fréquent que vous vous désistiez à 10 minutes du rendez-vous pour ce même motif. Personnellement, je prends soin d’informer mes clients du fonctionnement de la presse, du fait que certains peuvent se désister la veille ou le jour même. Dans la mesure où ils sont prévenus, cela passe mieux. Toutefois, comment expliquer à un client auquel on annonce un déjeuner avec 4 journalistes que l’on s’est bien assuré, la veille, de la présence des 4 invités si, malgré toutes ces précautions, il en manque un le jour J ? Un bouclage, c’est tout de même quelque chose qui se prévoit non ?

Les attaché(e)s de presse exercent un métier difficile. Ils (elles) le savent. Ils (elles) préfèrent toutefois les journalistes qui déclinent leur invitation à ceux qui annulent à la dernière minute et qui, surtout, sont coutumiers du fait. Ce n’est effectivement pas la première fois que j’apprends, juste au moment de passer à table, que finalement votre place restera vide, sans parler de celles où vous n’êtes pas venu sans même prévenir. Ce qui me rassure, si je puis m’exprimer ainsi, c’est que mes confrères ou consœurs ont également vécu, à maintes reprises, des situations semblables. Eux ont pris la décision de ne plus vous inviter sans vous dire à quel point ces absences systématiques les mettaient dans une situation délicate vis à vis de leurs clients. Mais… Est-il vraiment nécessaire de vous le dire ?

Me concernant, cela fait plusieurs années que je vous informe, que je vous invite, que je vous envoie des vins à déguster… J’ai le sentiment que ce que je représente ne vous intéresse pas. Pendant toutes ces années, j’ai accepté, comme bon nombre de mes confrères ou consœurs, parce que XX est un titre important, ces attitudes qui relèvent, à mon sens, du plus profond des mépris pour notre travail. On courbe le dos, on avale les couleuvres… Jusqu’au jour où… J’ai décidé de me respecter - et surtout de faire respecter mes clients - en ignorant tous ceux qui ont, de manière récurrente, le même empêchement. Je ne vous importunerai donc plus.

Je suppose que mes états d’âme vous indiffèrent mais… le silence n’est pas une attitude saine. Ce qui est « anormal » ne doit pas devenir « normal ».

Je le regrette car j’apprécie votre chronique !

 

Sincères salutations.

 


Christine Ontivéro

Cher Monsieur,

Je n’ai pas vu votre émission du 24 mars mais plusieurs vignerons m’on signalé que vous aviez reconnu votre erreur relative aux vins “bio”. Des excuses qui vous honorent !

Au nom des vignerons qui cultivent leurs vignes en agriculture biologique, je tiens à vous remercier.

Je renouvelle également ma proposition d’organiser une émission sur ce thème car il y a beaucoup à dire et malheureusement l’information ne circule pas toujours comme il faut. Votre erreur en était la preuve. Paradoxe dans le monde d’information à outrance dans lequel nous vivons. Si vous le souhaitez, sachez que nous sommes à votre disposition pour vous aider à préparer ce sujet.

J’espère donc que cette thématique de vignes cultivées en agriculture biologique vous inspirera une belle émission car il faut saluer le courage de ceux qui ont fait ce choix.
C’est tellement plus facile de traiter à outrance en polluant notre pauvre planète, que de prendre le temps d’observer la nature, de travailler avec l’huile de coude et de n’intervenir que quand c’est nécessaire avec des produits qui ne font ni mal à notre santé ni à la terre que nous laisserons à nos enfants.

J’espère également que vous nous ferez le plaisir de  rendre visite, le 8 novembre, au Pavillon Dauphine aux 35 vignerons travaillant en biodynamie qui présenteront leurs vins ce jour-là. Je vous enverrai l’invitation en temps opportun.

En vous renouvelant nos remerciements

Cordialement

Ci-dessous échange d'e.mails avec un journaliste - enfin tout autant qu'on puisse considérer qu'il l'est vraiment, sinon il n'écrirait pas des choses pareilles -  qui n'a pas vraiment compris le rôle d'un ou d'une attaché(e) de presse. Bien entendu, comme toujours, je ne donne ni les noms, ni les magazines concernés, ni, dans ce cas précis, le nom du domaine pour lequel je le sollicitais car mon propos n'est pas de diffamer mais juste de témoigner des réactions on ne peut plus surprenantes que je peux constater dans mon métier au quotidien.

Le rôle d'un ou d'une attaché(e) de presse est avant tout d'informer utilement les journalistes et de faire en sorte que nos clients soient satisfaits. Nous ne sommes pas payé(e)s pour inviter des journalistes qui ne sont pas concernés par le sujet sur lequel on communique au prétexte qu'ils sont pigistes et qu'il faut les aider. De la même façon, ceux qui n'ont plus momentanément ou définitivement de tribune doivent comprendre qu'on ne peut pas les inviter juste pour qu'ils ne tombent pas dans l'oubli. Toute personne sensée sait que nos clients ne font pas appel à nous pour "faire plaisir aux journalistes" mais pour avoir des résultats. Or, si sur 20 journalistes invités, 10 n'ont aucune possibilité de faire tôt ou tard un retour,
je ne suis pas certaine que nos clients seront convaincus de l'utilité des relations presse. Notre mission n'est pas de faire "du remplissage", mais d'être le plus efficaces possibles. Cela dit, on peut toujours "jeter de la poudre aux yeux" puisque bon nombre de personnes confondent qualité et quantité. En effet, on juge souvent la qualité d'une manifestation par la quantité. "Y'avait du monde !" Mais... Cela ne dure qu'un temps. Personnellement je préfère n'inviter que 4 à 5 journalistes dont je sais qu'ils auront la possibilité de traiter le sujet pour lequel je les contacte que 10 juste pour donne l'illusion que je suis capable de "ramener du monde".

Voici donc ce que me répondais un pigiste que je cherchais à joindre car j'avais enfin un client qui correspondait à son secteur d'activité.

"Chère madame
Je suis toujours surpris de voir une attachée de presse avec autant de professionnalisme que vous, vous manifester aujourd'hui, alors que je collabore depuis 11 ans à XX. Les pigistes ont besoin des attachées de presse à leurs débuts, pour se rassurer et découvrir ce monde complexe.  Onze plus tard, en ce qui me concerne, je pense pouvoir me débrouiller seul, la preuve, je n'ai attendu personne l'an passé pour mettre en valeur  le Domaine XX

Ma réponse :

"Je pense faire partie de celles qui aident les pigistes quoi que le rôle d’une attachée
de presse ne soit pas d’aider les pigistes mais d’être le plus efficace possible par rapport
au mandat que leur confient leurs clients. Mais, voyez-vous, jusqu’à présent,
il me semble que les régions que vous couvrez pour XX ne concernaient pas
“mon territoire”. Mais... L’erreur est toujours possible.

A propos de l’aide que je peux apporter aux pigistes, vos confrères XX ou XX pourront vous dire que je sais être là quand il faut.

Combien de fois, lorsque j’ai voulu inviter des journalistes pour des régions qu’ils ne couvrent
pas, ai-je essuyé un refus ? Combien de fois m’ont-ils répondu cela ne sert à rien je ne pourrai
rien faire ? Ceux-là ont au moins compris leur rôle !

Vous concernant, à plusieurs reprises, je vous ai envoyé des invitations pour des dégustations
que j’organise à Paris portant sur des domaines dans toute la France. Vous ne m’avez
jamais répondu. Je peux vous l’assurer. Donc, j’ai fini par penser que mon travail  ne vous intéressait pas
et dans la mesure où ne me sembliez pas explorer “mes” régions, je n’ai insisté davantage.

Fin 2009, je concrétise avec un domaine dans XX, donc, suivant la logique de mon métier, je m’adresse à celui qui couvre cette région.
Vous avez là l’explication. J’espère donc que nous aurons l’opportunité de nous rencontrer.
Maintenant, si vous ne le souhaitez pas, dites le moi et je vous importunerai plus."

Cordialement




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