Le blog de Christine Ontivero

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Suite à l'article  du 31 juillet paru dans le Figaro intitulé “les bienfaits de l’alimentation bio remis en question” voici l'e.mail que j'ai envoyé à son auteur.

 Votre article de ce jour intitulé “les bienfaits de l’alimentation bio remis en question” a retenu toute mon
attention et je souhaiterais vous apporter mon témoignage car il me semble qu’il contient bon nombre
d’idées reçues.


Avant toute chose, je tiens à préciser que je consomme  bio depuis l’âge de 26 ans, pas exclusivement puisque je suis souvent en déplacement et que dans bon nombre de restaurants on ne nous propose pas des produits bio. A 54 ans, j'ai 28 ans de bio à mon actif, je pense donc savoir de quoi je parle.

Lorsque je me suis intéressée à cette consommation, dans ma “petite” ville de province, Perpignan, il n’y avait
qu’un magasin bio. Et, dans mon entourage, lorsque je mangeais du riz complet, du pain complet et autres
céréales bio, on pensait que j’étais rentrée dans une secte puisque, à l’époque, c’étaient surtout les
soixante huitards attardés qui y croyaient, ceux qui se convertissaient au boudhisme.

Aujourd’hui, les mêmes qui me regardaient d’un air suspicieux consomment bio à leur tour. Mon père, âgé de 84 ans, qui trouvait naturel d’utiliser les désherbants pour son propre jardin, a enfin compris qu’il était temps de revenir à la bonne vieille huile de coude.

1°) Lorsque vous indiquez que les produits bio sont jusqu’à 25 % plus chers, voire davantage, je crains
fort que vous ayez emprunté un raccourci bien préjudiciable au bio, même s’il est vrai que
les produits bio sont généralement plus chers.

Le bio n’est pas toujours plus cher. Voici deux exemples  :

• J’aime particulièrement la mozzarella de bufflon, la vraie, la seule qui a du goût et j’ai, tout récemment, hésité
à en acheter dans mon magasin bio parce qu’elle était à 2,95 euros. Le lendemain, je vais chez mon épicier
italien, j’en prends deux paquets et on me fait payer 7,50 euros pour les deux. Donc, faites le calcul = 3,75 euro l’unité. J’ai bien vite regretté de ne pas avoir acheté la bio.
Deux jours après,  chez un crémier du marché  la mozzarella de bufflon était affichée à 4,50 euros. Dans les deux cas, elles n’étaient pas bio. Soit, si mes calculs sont bons, pour la première 27 % de plus que la bio et, pour la deuxième, 34 %.

• Je travaille dans le monde du vin et je connais bon nombre de vignerons bio qui ne vendent pas leurs vins plus chers que les vins dits “conventionnels”. Par exemple, à Rivesaltes, le Domaine Cazes vend un délicieux vin de pays issu de l’agriculture biodynamique à 4,70 euros. Dans le département, bon nombre de vignerons qui ne sont pas en bio vendent leurs vins bien plus chers. J’en connais un, très sceptique sur l’agriculture biologique, qui n’hésite pas à vendre son vin, en le présentant comme un produit élitiste, à 200 euros la bouteille.

Certains produits bio sont plus chers, d’autres au même prix que le conventionnel. Il me semble qu’il aurait été
plus légitime de préciser que les 25 % de prix supérieur que vous attribuez au bio ne constituent pas la règle.
Certes, sur les marchés, on trouve des fruits et légumes bio plus chers que ceux qui sont sortis de terre à coups d’engrais, protégés de toutes les maladies par des pesticides TRÈS NOCIFS pour notre santé mais ce n’est pas la règle.
En plus, il convient d’expliquer ce qui justifie le prix.  L’agriculture biologique est plus complexe et plus risquée (baisse de productivité dans les premières années suivant la conversion, aléas de production…), elle utilise plus de main d’œuvre, elle est plus onéreuse en termes de transport (volumes plus faibles, donc part plus importante de la logistique dans le prix), le prix payé par le consommateur est un prix « complet », la certification et les coûts qu'elle engendre sont à la charge des producteurs.
On pourrait penser, en lisant votre article, que le bio est plus cher parce que réservé à une “élite économique”. En fait, il s’adresse à une “élite informée”, prête à payer davantage à condition que les informations indiquées sur les étiquettes soient dignes de confiance.  Il y a, comme dans tous les domaines,  des agriculteurs qui se convertissent au bio par opportunisme, pour surfer sur la vague “tendance”. Tendance, quel mot horrible ! Il y a toujours eu des gens pas nets dans tous les domaines mais il est important de préciser que l’agriculture sans pesticides nécessite davantage d’intervention humaine. C’est tellement plus facile, plus reposant, moins contraignant et moins risqué pour la récolte - pas pour celui qui la consomme - de pulvériser une bonne quantité de poison en une seule fois que de prendre le temps d’observer la nature, de l’accompagner, de vivre avec elle sans chercher à la dominer.

Je travaille dans le monde du vin et je sais à quel point des viticulteurs - et non pas des vignerons car je fais
la différence entre les deux  - préfèrent polluer notre planète avec des poisons que les chimistes leur vendent avec force persuasion pour pouvoir ensuite disposer de temps libre afin d’aller à la pêche ou la chasse ou pour jouer à la pétanque. C’est un problème d’éthique, un problème de choix personnel.

2°) Dans votre article, vous indiquez que, selon cette étude, les produits bio “ne sont pas plus bénéfiques pour la santé que les aliments conventionnels. Ils n’offrent pas non plus d’avantages nutritionnels supplémentaires”. Les études en le matière n’ont de cesse de se contredire. En revanche, il conviendrait de dire qu’il n’est pas prouvé que l’agriculture conventionnelle n’a pas des effets négatifs sur notre santé. Que ceux qui nous empoisonnent, apportent la preuve de la non nocivité de leurs produits.
Quand on veut opposer un mode par rapport à un autre, on ne peut
pas se contenter de dire que l’un n’est pas plus bénéfique sans faire référence à des études prouvant
que l’autre n’est pas nocif.

Je sais que nous vivons dans un monde de zapping, que les journalistes sont priés d’aller à l’essentiel, qu’ils n’ont plus de place pour  approfondir les sujets mais... la recrudescence des cancers depuis l’après guerre, période à partir de laquelle  a commencé la production intensive ne vous interpelle-t-elle pas ? On peut s’étonner qu’on nous ait avoué les effets cancérigènes de l’amiante, des ultra violets dans les centre de bronzage (entendu avant hier à la radio) et autres produits toxiques  et  qu’on n’en fasse pas autant pour les pesticides utilisés en agriculture conventionnelle !
Les intérêts économiques en jeu seraient ils plus importants ?

En admettant que les produits bio ne soient pas plus bénéfiques pour notre santé, ils sont, en tout état de cause, moins nocifs aussi bien pour l’individu que pour la planète.
L’agriculture intensive se justifiait - et encore ! - après guerre. Aujourd’hui, ceux qui continuent à polluer notre planète avec des produits dangereux – s’ils n’étaient pas dangereux pourquoi y aurait-il de sérieuses mises en garde sur les emballages ? – produisent trop et jettent quand il y a surproduction pour maintenir les prix. Une honte pour l’humanité lorsque l’on sait que, dans certains pays, on n’a même pas de quoi se nourrir correctement tous les jours.

Jai eu connaissance, parce que je m’intéresse au sujet depuis fort longtemps, d’études qui ont démontré que

“les fruits et légumes bio renferment :
 
-      plus de vitamines et plus de minéraux,
-      nettement moins de substances indésirables (pesticides, nitrates) et moins de polluants biologiques (mycotoxines, parasites, bactéries).
 
Ces mêmes études concluent à une qualité organoleptique supérieure des fruits et légumes bio. Par exemple, les pommes biologiques avant et après stockage ont une note supérieure en qualité organoleptique.
 
Plusieurs analyses comparatives sur le comportement après récolte ont permis de vérifier que les produits bio se conservent mieux que ceux issus de modes de culture conventionnels. “

J’ajoute que, en terme de goût, la différence est flagrante pour ceux qui savent faire. Un mauvais agriculteur, produira mauvais même s’il passe en bio, notamment s’il ne sait pas choisir les bons plants de tomates, de salade etc...Le bio n’est pas forcément synonyme de bon. Ce serait mentir que d’affirmer cela. En revanche, quand l’agriculteur est bon, son produit est bien plus goûteux, à variété égale, que le conventionnel. Dans le monde du vin, qui est mon métier, je peux affirmer que les vins issus de l’agriculture biologique sont plus purs, plus naturels, avec un goût plus proche du fruit. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’ils peuvent fermenter avec les levures indigènes. Alors que, en conventionnel, il faut ajouter des levures exogènes qui uniformisent le goût puisque les mêmes levures sont vendues par les laboratoires œnologiques à tous les vignerons.

3°) Enfin, vous indiquez que l’agriculture biologique restera toujours un mode d’exploitation minoritaire.
Je m’autorise à vous rappeler que, avant guerre, les paysans faisaient davantage appel à l’huile de coude
qu’à la facilité. Mon grand père était paysan. J’ai encore le bon goût de ses légumes
cultivés avec son sens de l’observation de la nature. On n’appelait pas cela bio à l’époque mais c’était tout
comme. Le principe de la culture biologique est l’interdiction absolue d’utilisation de pesticides de synthèse.
Et je peux vous assurer que mon grand-père n’en utilisait pas. Il faisait du bio sans le savoir comme bon
nombre de ses congénères.

Il ne s’agit pas d’être passéiste et de revenir à l’âge de pierre - je souris quand je lis des articles nous indiquant que, pour réduire l’effet carbone, il faudrait consommer local. Et pourquoi pas supprimer la monnaie tant qu’on y est ? -  mais je reste persuadée que l’agriculture bio se développera et qu’un jour elle deviendra la norme. C’est en tout cas tout le bien que je nous souhaite. J’en terminerai en vous livrant extrait du rapport de la conférence de la très sérieuse FAO sur l’agriculture biologique. Je suppose que vous le connaissez.
On y a accès très facilement sur internet.

Cordialement

“Les participants sont convenus des points suivants, tels qu’exposés dans les conclusions
du Président:

• L’agriculture biologique peut contribuer à la sécurité alimentaire, mais sa capacité à
affirmer son rôle dépend en grande partie de l’existence d’une véritable volonté politique.

• L’agriculture biologique peut atténuer les effets des nouveaux problèmes, comme les
changements climatiques, grâce à des mesures comme la fixation améliorée du carbone
du sol. Elle propose également des solutions pratiques en matière d’adaptation aux effets
des changements climatiques.

• L’agriculture biologique permet de renforcer la sécurité hydrique dans plusieurs
domaines: qualité de l’eau potable, diminution des besoins en irrigation des sols
biologiques et augmentation des rendements dans des conditions de stress hydrique dû à
la variabilité climatique.

• L’agriculture biologique permet de protéger l’agrobiodiversité et d’en garantir une
utilisation durable.

•L’agriculture biologique renforce la suffisance nutritionnelle, grâce à une diversification
accrue des aliments biologiques, qui sont plus riches en micronutriments.
 
• L’agriculture biologique stimule le développement rural, en créant des revenus et des
emplois dans des zones où les populations n’ont d’autre choix que de recourir à la main d’oeuvre,
aux ressources et aux connaissances locales.

• Il est indispensable d’établir un réseau international axé sur la recherche biologique et sur
une vulgarisation rationnelle, afin de poursuivre la mise en valeur de l'agriculture
biologique. Une partie plus importante des ressources publiques devrait être consacrée
aux sciences agroécologiques.

•La sécurité alimentaire est étroitement liée aux politiques agricoles qui déterminent les
choix en matière d’exportation et d’importation. L’agriculture biologique établit un lien
entre les objectifs économiques et les objectifs environnementaux et sociaux, mais sa
mise en valeur ne peut se poursuivre si les mêmes règles ne sont pas appliquées à tous,
grâce à des interventions appropriées de politique générale.

La sécurité alimentaire n’est pas uniquement un sujet de préoccupation pour les pays en
développement, car la crise des combustibles fossiles, les changements climatiques et
d’autres faiblesses de la chaîne alimentaire sont également susceptibles de mettre en
danger les zones ne souffrant pas d’insécurité.”

Il n'est pas dans mes habitudes d'écrire ce que je pense des pratiques de certaines agences de relations presse. Après tout, chacun travaille comme il veut, il ne m'appartient pas d'en juger. J'abhorre ceux qui, pour se valoriser, disent du mal de leurs voisins - suivez mon regard - je ne vais donc pas me comporter comme eux.
Alors, sans les citer, mais elles se reconnaîtront sûrement, je voudrais tout simplement leur dire : vous avez le droit de laisser croire à vos clients que communiquer sur une médaille ou autre distinction est une information qui intéresse la presse, mais, à force d'inonder les boîtes e.mails des journalistes d'informations inconsistantes, ils sont de plus en plus nombreux à refuser de donner leurs adresses électroniques. Comme on les comprend ! Le matin, quand ils arrivent, s'ils doivent ouvrir 100 messages dont 15 leur annonçant que notre client a reçu une médaille - en chocolat - ils crisent. Ce serait tellement simple d'expliquer à vos clients que ce type d'information n'a aucun intérêt pour la presse. Si les médailles sont un guide pour le consommateur, elles n'ont aucune influence sur les journalistes qui sont capables de détecter, eux-mêmes, les qualités intrinsèques d'un vin et, surtout, qui n'accordent aucune crédibilité aux concours dont ils soupçonnent une manipulation des
résultats.
Vous avez le droit d'exercer votre métier comme vous le souhaitez mais vous discréditez la profession car ce n'est pas avec un communiqué annonçant des médailles que vous aurez davantage de résultats. DIfficile ensuite d'expliquer à des entreprises échaudées par des dépenses en communication sans effets qu'on peut travailler différemment. Quand on est à l'écoute des journalistes, on sait ce qui les intéresse et ce qui ne les intéresse pas. Ils se plaignent de plus en plus d'être envahis d'informations inutiles. Vous ne pouvez pas l'ignorer.
Réfléchissez-y !

Mercredi 3 juin, au contrôle sécurité de l'aéroport d'Orly-Ouest, j’ai refusé de faire la minute de silence qui nous était demandée en mémoire des 228 passagers du vol Air France.
Durant cette minute, j'ai expliqué qu’il y avait 1 000 000 de morts par an à cause du palu, 70 000 à cause du cancer, 200 morts par jour sur le continent africain de la famine si ce n'est plus, autant à cause du fanatisme religieux et que... pas de minute de silence pour eux.
Ras le bol qu’on veuille nous obliger à bien penser, à bien prier, à bien pleurer,  à bien vénérer, à bien voter, à bien aimer, à bien consommer, à bien écouter, à bien se tenir, à ne pas déranger,  et... surtout, à bien se taire.

Dans le genre réponse idiote que font certains rédacteurs en chef de la presse quotidienne régionale, il y a celle-ci qui dénote la sutpidité de certains. Mais...Nous avons les réponses appropriées

Il n'est pas rare, lorsque je relance un rédacteur en chef d'un quotidien régional pour savoir si un membre de la rédaction sera présent pour assister à la conférence d'un de mes clients, de m'entendre répondre : "ce n'est pas possible c'est du commercial".
Plus jeune, je me laissais déstabiliser par ce genre de réponse, on ne peut plus stupide.
Aujourd'hui, je réponds "Que je sache, vous annoncez bien les nouveaux films, les spectacles, les matchs de foot, de ruguby ou autre et, à ma connaissance, quand on va au cinéma ou regarder un match, ce n'est pas gratuit. Donc, votre réponse ne me satisfait pas. Je peux entendre que le sujet dont je vous parle n'est pas susceptible d'intéresser vos lecteurs, après tout, personne ne vous contestera le droit de décider du contenu du journal dont vous avez la responsabilité, en revanche, me répondre que ce n'est pas possible parce que c'est du commercial, n'est pas
acceptable. Car, aujourd'hui, tout est du commercial. Donc, vous préférez parler du foot qui brasse des millions d'euros que d'une entreprise de votre région qui affiche son dynamisme et qui crée des emplois. C'est votre droit, mais c'est un choix que j'ai du mal à m'expliquer"
.

Qu'en pensez-vous ?

Marie Claire,
Elle,
Figaro Madame,
Ouest France,
Le Telegramme de Brest,
La Voix du Nord,
Le Nord Eclair,
Liberté dimanche,
La Montagne,
Le Dauphiné Libéré

Au fil des ans, ces supports ont supprimé leur rubrique vin.

Soit les journalistes qui étaient en charge de ces rubriques sont partis à la retraite et n’ont pas été remplacés, soit ce sont les supports comme Elle, Marie Claire, Ouest France, Le Télégramme de Brest - je le sais parce que les journalistes m'en ont informé - qui ont décidé de supprimer la rubrique.
Pourquoi ? Le vin est sûrement moins important à leurs yeux que le foot ou le rugby ou serait-ce parce qu’on les a convaincus que le vin était un poison dont il ne faut plus parler ?

Il y a quelques années, alors que je demandais au RC de France 3 Languedoc-Roussillon d'envoyer une équipe pour couvrir un événement autour du vin, celui-ci m'avait répondu : "vous ne croyez pas qu'on a des choses plus sérieuses à montrer que des gens en train de se gaver de nourriture et de vin ?"

Et montrer 11 types qui courent après un ballon c'est sérieux ça ?

Le danger est grand, réagissez vignerons, réagissez vite !




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