Le blog de Christine Ontivero

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IL ÉTAIT TEMPS

Ce matin, sur France Inter j’entends que le journal La Croix offre un sujet d’actualité positive à ses lecteurs.

La concurrence acharnée entre les différents titres serait responsable de ce trop plein de mauvaises informations. Pour vendre, il faut du négatif.

Enfin, un titre de presse s’aperçoit que nous avons aussi et surtout besoin de bonnes nouvelles, que c’est la pensée positive qui nous aidera nous, humains, à progresser sur le chemin de notre vie.

Je suis en train de rêver d’une presse du vin qui ne serait pas si étroitement liée à ses annonceurs, qui ne chercherait pas à « briller » en nous montrant quasi exclusivement les riches domaines, ceux qui savent en raconter.

Je suis en train de rêver d’une presse du vin qui se donnerait les moyens de vraiment faire son travail  !

Le hasard n'existe pas. J'en suis persuadée depuis longtemps. Ce matin, en rentrant en train de Sète, à l'issue d'une merveilleuse soirée passée  au Théâtre de la mer - concert de Jamie Cullum - à l'invitation de Vignobles Jeanjean, je choisis de m'installer (non sans avoir cherché une meilleure place) dans le compartiment où se trouvait une jeune femme qui dormait, occupant, de toute sa longueur, les trois sièges. Je me suis assise en face d'elle. Elle dormait profondément. Vêtue d'un jupon en dentelle blanc, de collants rouges sans pieds  (quand on est branché, on dit leggings mais comme je lutte contre l'envahissement de la langue "so british"...), un gros sac de voyage à ses pieds, quelques percings, mais sans trop... ma présence ne l'avait pas le moins du monde dérangée. Dix minutes avant l'arrivée à Perpignan, elle ouvre les yeux, me demande l'heure (devinez, oui en anglais !). Je lui réponds dans mon "english" approximatif et... jusqu'à mon arrivée en gare de Perpignan, nous avons parlé. A ma grande surprise, je comprenais tout ce qu'elle me disait. Spontanément, elle m'explique sa manière de voir la vie qui correspond pile poil à ce que je tente de mettre en pratique depuis que je traverse des moments particulièrement difficiles : remercier l'univers pour la beauté de la vie, se lever avec le sourire, vivre dans la joie, rire, ne pas s'appesantir sur ce qui fait mal... Cela s'appelle la loi d'attraction : le positif, attire le positif ! J'étais bouleversée. Elle était Turque, avait un billet de train pour Port bou mais souhaitait se rendre au Portugal. Elle arrivait du festival d'Avignon où elle avait festoyé pendant 2 jours et m'expliquait qu'elle trouvait toujours sur son chemin des gens pour lui offrir le gîte et parfois le couvert. Quand elle n'a plus d'argent en poche, elle fait des petits boulots. Nos chemins se sont séparés dans le Centre du Monde. Je lui ai offert le coussin qu'on avait mis à ma disposition hier soir pour le confort de mes petites fesses durant le concert : "Vignobles Jeanjean, secrets du Languedoc".

Elle a répété ces mots "secrets du Languedoc" avec émerveillement, m'a remerciée et embrassée. Je suis repartie, le coeur léger, en me disant que si l'Univers avait placé cette personne lumineuse sur mon chemin, c'était pour me faire comprendre que je ne devais plus être triste. Et en relisant ce que je viens d'écrire, je pleure, mais… cette fois, de joie !

Merci la vie, merci l'Univers. Merci l'inconnue du train N° 76405.

 

Il ne se passe pas un jour sans qu'un magasin me propose sa carte de fidélité. Même mon marchand de volailles.

La dernière que j'ai refusée, c'était dans un magasin de produits de beauté. La réponse de la vendeuse : "c'est dommage, cela vous permet d'avoir 20 % de remise".
Cessez de nous prendre pour des cons. On se doute bien que si vous voulez à tout prix nous caser votre carte, c'est que vous y avez un avantage. Sinon, pourquoi ne pas nous faire la remise, simplement parce que nous sommes fidèles ? Ca fait plusieurs années non que vous voyez ma trombine dans votre magasin. Donc, vous le voyez bien que je suis fidèle !

Et est-ce que tous ces commerçants qui veulent nous rendre fidèles se posent la question de savoir s'il y a assez de place dans notre porte-feuilles pour loger toute cette fidélité ? En recensant tous les magasins qui m'en ont proposée, j'arrive à une bonne vingtaine. C'est lourd d'être fidèle ! Alors, à bien y réfléchier, je préfère rester infidèle.

Des prisonniers en liberté. C'est ce que nous sommes devenus en courbant l'échine, en acceptant toute nouvelle mesure, en se contentant de râler dans notre coin. Ainsi, petit à petit, nous qui pensions être les plus forts parce que nous avions su générer du progrès, nous sommes désormais prisonniers de ce progrès.

Des exemples, je pourrais en donner à la pelle. La dernière mesure qui nous contraint à avoir un éthylotest dans notre voiture m'insurge au plus haut point.
Je désobéirai. Je n'achèterai pas ce test. Je refuse cette nouvelle contrainte. Et lorsque je serai arrêtée, j'expliquerai pourquoi je refuse. Je préfère payer une contravention que de courber l'échine, une nouvelle fois. Autre solution, plutôt drôle celle là : les musulmans, jusqu'à preuve du contraire, ne boivent pas d'alcool. Donc veillez à toujours avoir un coran sur votre siège passager. Ainsi vous pourrez expliquer à la Maréchaussée que vous ne buvez pas d'alcool parce que votre religion vous l'interdit et qu'il est donc inutile pour vous d'investir dans un éthylotest.

vous n'en avez pas marre lorsque vous montez dans une voiture de l'entendre cuiner parce que vous ne vous êtes pas précipité sur la ceinture pour l'attacher !
Vous n'en avez pas marre lorsque vous faites une marche arrière de l'entendre cuiner parce que vous passez trop près de l'obstacle !

Vous n'en avez pas marre de devoir surveiller sans arrêt votre compteur pour voir si vous ne roulez pas à 135 au lieu de 130 !

Sans parler des nouvelles normes pour les climatiseurs qui font que si votre appareil tombe en panne on ne vous le réparera pas parce que nos élus ont décidé d'interdire le gaz nécessaire à son bon fonctionnement pour le remplacer par un autre. Oui, j'ai découvert cela récemment, à mes dépens !

Et l'obligation de payer les taxes comme la Tva,  les impôts sur les sociétés, j'en passe et des meilleures, par télépaiement, vous trouvez ça normal ! Plus possible de payer par chèque. Oui, ces Messieurs n'on plus le temps (ou ne veulent plus passer du temps) à encaisser nos chèques. Donc, il nous faut désormais mettre l'argent directement sur le compte de l'Etat. Idem pour nos chers banquiers qui nous font payer un abonnement à leur système internet pour effectuer les virements à leur place... Au fait, à quoi servent les banquiers aujourd'hui ?

La liste des obligations en tout genre, plus stupides les unes que les autres, est tellement longue qu'il me faudrait une journée pour la rédiger.

OUI, NOUS SOMMES DES PRISONNIERS EN LIBERTÉ, car chaque jour qui passe, on nous met un nouveau fil à la patte et on dit oui, trop occupés à tweeter, facebooker... (sauf moi, je refuse), anesthésiés par cette société du progrès qui n'a de progrès que le nom !

Pas un mois sans qu'on ne nous annonce un nouveau plan social.

Le nombre de chômeurs s'accroît de jour en jour et donc, suivant le principe des vases communicants, celui des actifs qui peuvent payer pour ceux qui n'ont plus d'emploi, diminue.

A ce rythme là, il va bien arriver un jour où on ne sera plus assez nombreux pour aider ceux qui en ont besoin !

Que va-t-il se passer ce jour là ?

Mais il y a, aussi, ceux qui ne veulent pas travailler parce que c'est trop fatigant.
Mohammed, le fils aîné de ma "vaillante" Malika (on ne peut pas dire, telle mère, tel fils) vient de goûter aux délices du RSA. Du fric qui te tombe dans les poches sans avoir à lever le petit doigt. Génial non ?

Quand je demande à Mohammed où il en est de ses recherches de travail, il me répond  qu'il envoie des CV. Air connu. Et quand je lui fais remarquer que ce sont bientôt les vendanges (tant de vignerons manquent de main d'oeuvre !) il me répond : "c'est trop fatiguant !". Alors, je n'ai pas manqué d'expliquer à ce charmant jeune homme que c'est parce qu'il y en encore des couillonnes comme moi pour bosser dur et payer de plus en plus de cotisations que cette génération peut s'autoriser à répondre "c'est trop dur !".

Ne sommes nous tous pas collectivement responsables de cela ?
Un ministre de l'ancien gouvernement proposait que les gens touchant le RSA rendent des services d'intérêt public. Il n'a rien inventé. Nous sommes nombreux à y penser depuis des années et ce, quelles que soient nos opinions politiques ! Alors, qu'attend le nouveau gouverment pour avoir le courage de mettre cela en pratique ? Car, certes, il y a ceux qui n'ont plus de travail parce que leur patron décide de s'implanter dans les pays où la main d'oeuvre est moins chère, mais il y a tous ceux qui trouvent bien plus confortable de toucher des aides de l'Etat, donc de nous, et de passer leur temps à tweeter, facebooker, etc...Bref à glander !

Et faire des travaux d'intérêt public, même si on est "victime" d'un système rouleau compresseur qui vous jette comme une vieille chaussette quand il n'a plus besoin de vous, n'est pas déshonorant. Il y a plein de personnes âgées, de personnes en difficultés qui apprécieraient l'aide ou la compagnie de ceux qui sont encore alertes et qui se retrouvent au chômage. Cela créerait du lien. Cela donnerait un sens à notre société qui en est de plus en plus dépourvu. Quand on pense qu'en été 2003 15 000 personnes sont mortes dans l'indifférence générale, si les bénéficiaires du RSA avaient eu pour mission de s'occuper de personnes seules, un à deux jour par semaine, on aurait sûrement sauvé bien des vies !

De la même façon, chaque citoyen devrait s'acquitter d'un impôt, aussi minime soit-il, pour qu'il est réellement conscience de son appartenance à l'Etat français. Car, c'est bien connu, on ne respecte pas de la même façon ce qui est gratuit. Ne serait-ce que 10 euros/an, c'est un geste symoblique qui changerait, comme bien d'autres, les relations entre nous !




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